Au service des nuages

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Les peintres exposés au Musée d’art moderne André Malraux ont observé avec passion le Havre, le ciel et les variations atmosphériques, les reflets sur les bassins du port, les mouvements du vent dans les voiles, celui des vagues sur le sable… et ils ont cherché à rendre leurs impressions sur une toile, à l’aide de leurs pinceaux. Dans une sorte de correspondance imaginaire et anachronique, les films présentés ici proposent, avec les outils de la vidéo, une autre interprétation de ces contextes lumineux dans un paysage entièrement métamorphosé.

La recherche d’une « vision impressionniste » impliquait de s’intéresser aux motifs portuaires, d’aborder autrement la couleur et la lumière (par le sténopé numérique notamment) et de se demander comment, dans une succession de plans, restituer le mystère des choses, l’innocence de la perception première… Elle exige le silence et la contemplation devant le paysage.

Les ambiances sonores ont été entièrement recomposées et une grande place est donnée à la musique. Le choix s’est porté naturellement sur les compositeurs normands de l’époque (Woollett, Satie) tout en prenant la liberté de proposer une musique plus contemporaine, jusqu’au piano préparé librement inspiré de John Cage.